Le 10 mars dernier avait lieu l’assemblée générale pour l’exercice 2011 de notre association dans la salle habituelle certes, mais qui pour nous présente désormais un caractère bien particulier depuis qu’elle a été baptisée le 20 novembre 2011, à l’occasion du colloque du 40e anniversaire de la refondation des Amis du vieil Arles, amphithéâtre Henri Cérésola et Pierre Fassin.
L’assistance et les pouvoirs étaient assez nombreux pour délibérer en toute sérénité, le quorum requis étant largement atteint. Monsieur le maire Hervé Schiavetti et son adjoint en charge du patrimoine, monsieur Christian Mourisard, étaient des nôtres et nous les en remercions vivement.
Nous avons choisi, en guise d’éditorial du présent bulletin, de retranscrire dans sa quasi-totalité le rapport moral présenté lors de cette assemblée, dût cet éditorial être plus long qu’à l’accoutumée, afin de communiquer à l’ensemble de nos adhérents ce que l’on pourrait appeler « notre discours de politique générale ». Voici ce rapport :
AVE CAESAR ! PARISIENTIS TE SALUTANT !
Que les latinistes veuillent bien me pardonner cette formule ! C’est ainsi que pour « coller » à l’actualité je pourrais commencer mon rapport moral, tant cet illustre personnage, en resurgissant des eaux du Rhône grâce à la persévérance et au professionnalisme d’intrépides plongeurs archéologues, a jeté à nouveau le feu des projecteurs sur notre bonne vieille ville d’Arles !
Car à la différence de certaines vedettes marseillaises du spectacle, montées à Paris pour y trouver la gloire personnelle, lui, en s’installant au Louvre, fait rejaillir sur notre ville la gloire de sa conquête !
Aujourd’hui je veux rompre avec un certain formalisme d’assemblée générale et vous proposer notre rapport moral sous la forme d’un ordre du jour du conseil d’administration, et cela afin que vous puissiez mieux connaître cette équipe qui se réunit le deuxième jeudi de chaque mois à 18 h à notre siège, place du Sauvage.
Tout a été dit ou presque sur notre président disparu. Comme nous l’avons souvent affirmé, on ne remplace pas une telle personnalité, on se met à plusieurs pour lui succéder, chacun prenant en charge un peu de son omnipotence et de son savoir immense et ce, grâce à cette passion raisonnée pour le patrimoine arlésien que nous partagions avec lui en pleine communion d’idées. Cette assemblée de bénévoles, qui regroupe un ensemble de personnalités aux expériences personnelles et professionnelles si diverses, est une richesse pour notre association. Elle permet de faire face à de nombreuses situations et de proposer des réponses adaptées à ceux qui nous sollicitent ; il est vrai que nous n’avons pas encore la réponse immédiate aux questions posées, exercice dans lequel excellait notre président. La montée en charge de notre site Internet et les demandes de renseignement qu’il soulève sont à ce titre un excellent exercice d’entraînement !
L’important aujourd’hui, pour toute cette équipe que j’ai l’honneur de présider, est de vous assurer de la pérennité de cette jeune vieille dame de 109 ans, qui a su si bien gérer sa vie, grâce à ses présidents successifs, et en particulier depuis sa renaissance en 1971. Cela n’aurait pu se faire aussi sans l’aide et la participation de nombreux contributeurs tout aussi passionnés, qui nous font bénéficier de leur talent d’écrivain et dont vous retrouvez régulièrement la signature dans le bulletin.
C’est l’occasion aussi pour moi d’évoquer un aspect très méconnu de notre « pouvoir » : lors de la renaissance des AVA, sous l’impulsion – je crois – de René Garagnon et de sa mère, un comité de parrainage a été créé, qui a regroupé au fil du temps de nombreuses et grandes personnalités qui ont accepté de « cautionner » les activités de l’association.
Il s’agissait en fait de lobbying avant l’heure ! Or, j’ai eu très récemment, à l’occasion de la présentation de la manifestation « Marseille-Provence 2013, capitale européenne de la Culture », l’opportunité d’en parler avec Christian Lacroix, qui, à mon grand étonnement et mon entière satisfaction, m’a dit tout l’intérêt qu’il éprouvait pour les AVA et la volonté de renouer avec nous des contacts privilégiés entre « Arlésiens ». Qu’il me soit permis aujourd’hui de saluer une autre personnalité, membre de ce comité, et qui nous prouve en permanence son attachement aux AVA : merci, Odyle Rio !
Nous constatons que nous avons là un groupe de personnes prêtes à aider notre association, grâce à leur relationnel et leur expérience, et qu’il est de notre devoir de réactiver leur mobilisation en les tenant au courant de nos initiatives, de nos activités et de nos projets.
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Les AVA, association reconnue, ne peuvent véritablement tenir leurs objectifs qu’en établissant des rapports directs et privilégiés avec tous les responsables décisionnels de la ville.
En premier lieu les élus de notre « bonne ville Arles » qui nous font l’honneur d’être toujours présents à nos côtés comme aujourd’hui, et à notre écoute pour le moindre de nos besoins… raisonnables. Nos rencontres régulières évitent les malentendus, facilitent nos échanges et la compréhension de nos demandes et remarques parfois fermes. C’est la règle d’un jeu qui dépasse largement les limites de la démocratie participative, tant en vogue actuellement, et se situe plus dans le cadre d’un débat citoyen franc et sincère.
Cela s’adresse aussi aux responsables de tous les services qui sont sous votre autorité, Monsieur le maire, et auprès desquels nous recevons toujours un accueil et une écoute privilégiés. Tout cela nous permet aujourd’hui de siéger dans plusieurs commissions extra-municipales, de dénomination des voies, d’urbanisme, du secteur sauvegardé, et d’y être entendus et écoutés. C’est pour moi l’occasion de relayer une demande importante de la part de l’équipe chargée de l’inventaire de ce secteur sauvegardé : ouvrez grandes vos portes à la curiosité et au professionnalisme de ces « enquêteurs » bien particuliers qui n’ont rien à voir avec un quelconque service fiscal. Ils peuvent en fait, grâce à la découverte de fragments de patrimoine bâti disséminés dans les 4 600 logements du secteur, faire parler ces pierres et faire revivre ces quartiers, voire redéfinir l’urbanisme de la ville à venir. Leur mission est délicate et mérite qu’on les aide en leur facilitant la tâche.
Il en va de même avec nos élus régionaux, et en particulier bien sûr le président de Région, Arlésien d’adoption comme il se définit lui-même, et les vice-présidents du conseil général des Bouches-du-Rhône qui ne manquent pas de nous associer à leurs actions et nous témoignent à chaque occasion leur soutien amical.
Autres personnalités qui veulent bien nous considérer comme des partenaires privilégiés : ce sont les responsables institutionnels de tous les lieux de culture et de patrimoine, ceux que le musée national du Louvre considère comme des partenaires, conservateurs en chef de nos musées, archéologues terrestres et subaquatiques, ainsi que toutes leurs équipes qui veillent à garder avec nous ces contacts privilégiés qui nous permettront dans un avenir proche de coordonner nos actions en communiquant sur nos projets, avec une mention spéciale pour le comité des fêtes d’Arles qui veille à nous associer à l’animation culturelle et patrimoniale de la ville. Je veux aussi citer le nouvel ABF (architecte des bâtiments de France), que nous allons rencontrer bientôt pour une séance de présentation et d’échange. Nous souhaitons de la même manière entretenir les meilleures relations possibles avec les acteurs privés, fondations et institutions comme le PRIDES à la Chambre de commerce, qui vont, par leurs initiatives innovantes, donner un rayonnement supplémentaire à notre ville, en laissant soigneusement de côté toutes les polémiques que pourrait faire surgir une nouvelle querelle entre les Anciens et les Modernes : le chantier des ateliers SNCF sera en fait une certaine revanche de la Culture sur l’Industrie ! Mais de cela aussi nous aurons l’occasion de reparler et de débattre.
À ce stade des contacts et relations, je veux faire une mention particulière à une institution qui se situe entre public et privé, il s’agit de l’académie d’Arles et de son président emblématique, Jean-Maurice Rouquette. Sa dernière prestation lors de notre colloque a montré tout l’attachement, disons même l’affection, qu’il porte aux AVA ; son aide, sa tutelle, nous sont fondamentales et nous lui en sommes et seront toujours très reconnaissants !
Au-delà de ces institutions, nous sommes très attachés à entretenir les meilleures relations possibles avec toutes les associations arlésiennes avec lesquelles nous partageons les mêmes valeurs et le même attachement aux traditions du Pays d’Arles. C’est un bonheur de penser que nous aurons bientôt, lors de notre emménagement vers « l’ancien couvent des Récollets » (que je ne peux m’empêcher de continuer à appeler « collège Frédéric Mistral », notre bahut) l’occasion de nous retrouver et de partager ce lieu avec toutes les associations qui œuvrent dans la même direction que nous.
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Enfin, comme je l’ai souvent dit et écrit, Arles ne serait pas ce qu’elle est s’il n’y avait pas le Pays d’Arles. Ce large territoire rassemblant, n’en déplaise aux grincheux, la Camargue, la Crau, la Montagnette, les Alpilles et la Durance, a apporté tout au long de l’Histoire sa contribution à la renommée de sa capitale. Je ne peux manquer d’évoquer mon attachement particulier à la Crau et à Saint-Martin-de-Crau, où un patrimoine bâti témoigne d’une activité économique importante au service des Arlésiens, à travers les grandes familles arlésiennes qui, en Crau comme en Camargue, ont permis d’entretenir et de faire prospérer le Pays d’Arles.
Les AVA sont depuis hier entrés au conseil syndical du parc naturel régional de Camargue et cela constitue pour nous un encouragement pour nous y investir plus et apporter notre contribution (modeste) à la gestion de ce territoire que beaucoup nous envient. Il en ira de même avec le parc naturel régional des Alpilles, dès que ses structures de gestion seront adaptées à cette participation externe. C’est dans ce cadre que, à l’initiative d’Henri Cérésola, nous participons aux travaux du comité de pilotage des aqueducs des Alpilles, installé dans et avec l’appui de la commune de Fontvieille, en partenariat avec le rassemblement des associations du parc naturel régional des Alpilles et le parc lui-même.
Henri Cérésola, en léguant sa bibliothèque à la commune de Fontvieille, a créé un lien privilégié entre les AVA et cette commune et son maire, Guy Frustié, lui-même adhérent. Ce dossier nous a permis aussi d’être sollicités et de rencontrer le nouveau propriétaire du château de Barbegal et de découvrir les projets étonnants qu’il a déjà commencé à mettre en œuvre et pour lesquels il souhaite recueillir notre avis et nous associer.
À l’occasion de toutes ces rencontres et de fil en aiguille, notre association se réapproprie (au figuré s’entend) ce territoire si riche et sort des limites symboliques du secteur sauvegardé d’Arles ; c’est pourquoi nous allons dans l’année à venir poursuivre cette réflexion qui nous permettra, en adaptant nos statuts à la défense et la sauvegarde du patrimoine matériel et immatériel du Pays d’Arles, de pouvoir ainsi répondre aux sollicitations et aux attentes de ceux qui font appel à nous et surtout à ceux qui nous accordent leur confiance, au premier rang desquels vous, nos adhérents, que je remercie très sincèrement de votre attachement !
Pour terminer ce rapport avant de donner la parole à nos élus, qui vont nous dévoiler quelques indiscrétions exclusives, je souhaiterais vous donner rendez-vous pour la prochaine assemblée générale en 2013 en espérant pouvoir vous dire (et les latinistes me pardonneront à nouveau !) :
AVE VENUS ! ARELATENSIS TE SALUTANT !
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Les interventions des élus, qui suivirent la proclamation de ce rapport moral, sont résumées dans la rubrique « Entre nous » de ce bulletin. Puis ce furent la présentation du rapport financier et du rapport d’activité, la ratification de la nomination pendant l’exercice 2011 de nouveaux administrateurs (Jean-François Chauvet, Michel Bonnefoy et Christophe Gonzalez), l’admission à son tour en 2012 de Marc Heijmans et le renouvellement du tiers sortant. Nous n’oublierons pas d’évoquer l’arrivée d’Annie Denis, au sein de notre équipe, en tant qu’auditeur libre.
C’est une fois de plus avec un grand plaisir que nous accueillons ces personnalités aux talents et expériences si riches et variés.
Merci encore à vous, chers adhérents, d’avoir pris toutes ces décisions à l’unanimité et de nous avoir ainsi accordé votre précieuse confiance !
Vincent RAMON